Quand l’espoir s’en mêle

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
(article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948)

Chiche ?

Si la peur donne des ailes aux extrémistes de tous poils et d’inquiétantes et durables aigreurs d’estomac aux humanistes éberlués, si la haine est presque prônée comme trait de désunion au sein du peuple, avec l’exclusion et le rejet comme corolaires logiques et insanes, la journée Ligue des droits de l’Homme à Nantes de ce 10 février 2024, se vit sous la houlette d’un ambitieux et positif « Vive l’égalité ! ».

Le soir, la compagnie professionnelle Théâtre d’Ici ou d’Ailleurs avec des bénévoles de la Ligue des droits de l’Homme 44 nous offre Quand l’espoir s’en mêle, un véritable périple en terres humaines militantes.
Il est question de belles valeurs qui irriguent en temps normal nos démocraties, et qu’on sent s’échapper quand une certaine « lepénisation des esprits » s’opère chez nous. On va alors voir notre douzaine de femmes et d’hommes, devant nous sur le plateau, s’écouter, parler, rire, agir, s’interroger, s’assembler, se réunir, s’opposer puis se comprendre… On y voit des petites gens, des gens de peu comme les appelait affectueusement le sociologue Pierre Sansot, des militantes passionnées, des citoyennes engagées ou des citoyens hors sol, une première ministre du moment, un trentenaire devenu premier ministre, un ministre de l’intérieur toujours en place, enfin une smala debout joyeuse ou en colère !

Il y est question d’immigration (exilé·es, Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA), hébergement d’urgence, frontières, espace Schengen…), de discriminations de tous ordres (violences faites aux femmes, homophobie, scolarisation des enfants roms…) et de mille autres combats que la sagacité attentive de la LDH met à jour, en dérangeant parfois le pouvoir en place mais toujours… sans haine, sans armes, sans violence !

La forme est vive et percutante, joyeuse et conquérante, la mise en scène est pleine de rythmes et de justesse : entre saynètes et chansons, le kaléidoscope se déploie et va bon train devant nous.
On s’approche alors, ravis et conquis au creux de notre siège, des vastes et dignes chantiers de la LDH pour un autre modèle de société à défendre, fondé sur une justice toujours plus sociale et environnementale, pour une paix juste et durable partout dans le monde !

On y croit ! Hauts les cœurs et en avant !

Texte de notre cher kaLoup écrit après la première le 10 février 2024.


Photographie © Jacques Pinault